Dimanche 11 novembre 2007

 

   Elle commença à trottiner sous la lune d’un pas léger comme si elle se promenait de la façon la plus naturelle du monde. Pourtant, elle n’avait rien de commun, seule dans les bois la nuit. Avec pour seul linceul une chemise en soie, caresse jaune sur sa peau. Chevelure fauve. Le tout la faisait ressembler à l’innocente et fragile boucle d’or. Mais l’époque avait fait changer la ravissante petite fille en créature sombre, nymphe de la nuit, aux yeux assombris par le maquillage noir qui n’avait été effacé à la lueur. Elle brillait par ses couleurs chaudes et sa peau blanche.

   Poignets, jambes et pieds nus, elle s’enfonçait dans le couloir que lui offrait la végétation. Arbres, carcasses d’une vie passée, leurs branches essayent encore désespérément de toucher le soleil inexistant, comme l’homme brûlé qui tend la main vers l’oasis illusoire du désert. Un cri lointain se fait encore entendre, apporté par le vent.

   Les pieds nus de l’enfant s’effacent dans la végétation qui s’enfonce dans la peau. Un serpent se faufile et frôle, puis disparaît. Le hibou, au loin, est indigné, voix de la sagesse.

   Lors de sa chute entre sa maison et le sol, le monde était à ses pieds et rien ne pouvait l’échapper. A présent son esprit était emprisonné par les bois et la brume. Elle suivait ce qui pour elle était le chemin, et qui pour les autres, n’était rien.

   Mais en réalité, oui, peut-être qu’il s’agissait bien d’un chemin, car au bout d’un certain temps, de la musique se fit entendre. Puis des rires. Puis des éclats de voix.
Apparut un feu, un grand feu.

                            Deep-in-the-Forest-by-judith.jpg


   Flamme brûlante et dansante comme des démons. Et il ne s’agit pas d’une métaphore ! des silhouettes de feu volaient dans un mouvement endiablé.

   Autour duquel, loups se délectaient.

   Un grand loup noir portait une veste en cuir, une louve blanche par son pelage faisait ressortir un collier de fleurs multicolores, un brun était à la guitare et les autres, tout aussi bizarres, se faisaient passer ce qui semblait être, pour la jeune fille, une cigarette.

Elle voulut s’éloigner, mais rien n’échappe à un loup. L’un d’eux, qui était caractérisé par un pelage noir aux reflets roux et un chapeau haut de forme, s’approcha d’elle furtivement.

   Il se dressa devant elle, enleva son chapeau dans une révérence et se présenta.

                   "Sir Erwin pour vous servir. Je vous en prie, ne partez pas et partagez un moment de bonheur avec nous."


Elle fut entraînée.

- Par Marilyss
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Cha-lie

  • cha-lie
  • : 07/09/2007

Rapport de fouilles

La découverte, sur le site, du manuscrit écrit par les deux enfants, suscite la curiosité des ethnologues présents et ouvre de nombreux débats quant à son origine. La traduction totale du manuscrit n’as pas encore pu être faite par manque de linguistes sur le site, néanmoins il apparaîtrait comme un jeu artistique partagé par deux personnes que l’on distingue par leur écriture. Le jeu en question disposerait de règles précises et nombreuses mais qui nous échappent encore…

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