Le temps d'une seconde, elle volait. Cette seconde finie, elle tombait. Sa rêverie s'écroulait bien que les effets du sommeil dans lequel elle était plongée précédemment ne se dissipèrent pas
vraiment. Elle vit sa fenêtre s'éloigner lentement, mais le sol se rapprochait si rapidement pourtant. Elle se dit en un laps de temps plus court qu'un éclair : "Peut-être que je vole ? Si je
tombe comment cela se finira-t-il ? Mourrai-je ?" Il fallait bien mourrir un jour se dit-elle... Mais ses pensée étaient diffuses, abstraites, et partaient dans tous les sens et avaient tous les
sens aussi. Absolues, mais si peu concretes car criblées de divers doutes. Alors que sa chute continuait, la terre se faisait de plus en plus proche, et le temps de plus en plus court, bientot
elle ne vit plus sa fenêtre...
.
...elle frappas le sol en un doux fracas...
.
La douceur de cette clameur raisonna contre les murs. Mais dans le corps de Charlie qui restait là gisant, le reste d'esprit qui demeurait s'agita. Elle entendit le choc, mais il fut perçu bien
différemment : au début ce fut court et dur, bien qu'en un seul son succint il restait long et terrible en sa signification ; ensuite ce fut comme un echo qui se répercutait indéfiniment contre
les murs de la ville, un écho qui ne s'arrétait pas, mais n'était pas uniforme. Elle redouta d'ouvrir les yeux. Elle les ouvrit et le noir troublait sa vue, ses yeux se refermèrent.
.
Puis elle les rouvrit.
.
Le noir était complet. Sa vue s'accomoda au noir. Elle se croyait dans sa chambre, mais une fois que ses yeux captèrent le peu de lumiere environnante, elle se rendit compte qu'elle n'était plus
dans sa chambre bien que le coussin de mousse sur lequel elle était couchée eût la même confortabilité que son lit. Elle était en fait devant sa maison, effectivement elle avait sauté, mais ce
n'était pas la ville bruyante. C'était la campagne, sa campagne. Ses ailes étaient rentrées sous ses homoplates et son cerveau s'éveilla. Elle se leva et marcha, car qu'y avait-il d'autre à faire
que marcher. Alors elle marcha.
.
"Mais vers où marcher ?" se dit-elle à voix haute.
La
musaraigne endormie sur le perron de sa maison
lui
murmura d'aller là où elle "Devait" aller. Charlie
suivit
alors son instinct et partit vers l'orée du bois.
La découverte, sur le site, du manuscrit écrit par les deux enfants, suscite la curiosité des ethnologues présents et ouvre de nombreux débats quant à son origine. La traduction totale du manuscrit n’as pas encore pu être faite par manque de linguistes sur le site, néanmoins il apparaîtrait comme un jeu artistique partagé par deux personnes que l’on distingue par leur écriture. Le jeu en question disposerait de règles précises et nombreuses mais qui nous échappent encore…
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