Elle entendit tellement de voix qu'elle ne put distinguer un flot de parole à un autre. Les hurlements des loups brisaient la nuit. La fumée
étouffait les étoiles de son fin voile.
Ce qui, au départ, avait semblé être à la jeune fille une fête atypique, puis qui c'était dégradée, était devenu à présent un brouhaha confus et étouffant.
Elle avait mal à la tête.
Branches sombres qui projettent les flammes.
Rires qui percent les tympans.
Tourne.
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Tourne
Des loups se penchent sur elle, la regardent de leurs grands yeux jaunes et bleus, les crocs découverts dans une grimace souriante.
Ils rient. Non, ils se moquent d'elle.
Ils lui parlent. Non, elle ne comprend pas.
".... Joli chaperon...bienvenue....fleur....
_Stop! Stop ! Taisez-vous, je n'ai pas envie. Je... j'ai envi de vomir."
Elle voulait se pencher, sortir ce qu'il y avait dans son corps, mais elle se trouvait incapable de bouger. Elle tombait dans un gouffre
noir. Le vide, il ne restait plus que le vide.
Elle avait mal partout.
L'esprit embrumé.
Elle se releva d'un bon, elle n'aurait pas du. Non, vraiment, elle ne se sentait pas bien. Elle mit une main devant la bouche. Elle ne
sentait plus son corps mais avait mal partout.
Elle regarda autour d'elle, la plupart des loups qui étaient encore là, qui ne s'étaient pas endormis ou qui ne flottaient pas dans un autre univers, s'étaient mit autour du feu. Une musique se
dégageait de leur troupe, étrange, ni musicale ni désagréable.
Elle se leva et les rejoignit sans même se poser de questions, son esprit était embrumé. Elle tituba sans même s'en rendre compte. Elle
n'avait pas conscience de grand chose, flottait doucement dans un rêve, les muscles mous.
Elle s'assit en tailleur prés d'un jeune loup blanc. La discussion était animée.
Un grand loup brun avait la parole: "Les politiciens ne servent à rien, ils sont juste là pour enfermer les gens et les esprits. Et la
politique n'est qu'un immense jeu de télé réalité diabolique qui assouvit les besoins pervers de la population des moutons. Ils se battent, c'est comme une guerre intérieure au pays, et on les
regarde se battre en duel. De toute façon, à quoi sert la société ? On s'amuse les uns avec les autres, on se manipule. Pourquoi? C'est simple, on s'ennuie ! On créait des troubles, des drames,
des sentiments, du bonheur pour créer une animation, comme dans les fêtes de village ou encore un camp de vacances fermé au monde. "
Une belle louve rousse prit la parole à la suite de son compagnon: " Je crois que tu simplifies trop les choses, l'homme est foncièrement
mauvais mais il cherche quand même à obtenir une idée de bonheur qui n'est qu'un idéal. Il cherche à être bon mais ne fait que du mal. Nous sommes condamnés à nous débattre sans but. "
" Allons ! Lily ! Ne sois pas si défaitiste! " s'exclame une petite femelle. " Il y a toujours les plantes hallucinogènes pour apporter le bonheur! Et le sexe ! "
La petite troupe éclata de rire. La petite femelle au pelage vénitien dévoila ses crocs blancs dans un sourire, tout le monde semblait
l'aimer et elle le savait. Son pelage doré, sa stature douce et sa belle assurance brillaient et attiraient. Derrière, presque invisible, une louve aux traits beaucoup plus grossiers et au pelage
peu soigné, la regardait, en admiration. Parfois, elle essayait de glisser un mot, mais personne ne l'écoutait, elle dérangeait. Charlie détourna le regard, non, elle dérangeait
vraiment.
Elle essaye de l'oublier et écoute, se laissant emporter par toutes les idéologies différentes qu'elle voyait voler autour de ce
feu.
Elle n'en avait jamais entendu autant, elle ne savait qu'en
penser.
Elle ne dit rien, Et écoute encore.
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